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Soirée des Arts 2019

  

Notre Soirée des Arts de 2019 n’a duré que trois heures. Cette dimension temporelle a décidé de l’installation généraleet guidé tout son déroulement. La restitution du travail réalisé à partir des projets artistiques des cours, du voyage en Grèce et des partenariats avec La Villette et « Lycéens au cinéma » a pris la forme d’un parcours, depuis notre amphithéâtre et l’escalier situé au-dessus jusqu’à la salle d’arts plastiques, parcours ponctué  de passages, d’occupations éphémères d’espaces circonscrits, de dispositifs interactifs, de mises en scène de gestes brefs et finissant par le partage d’un repas grec dans le hall, confectionné par les professeurs et les élèves.

    

De la fenêtre illusionniste réalisée en mai par Elise et Lilia dans la partie supérieure de l’escalier orange, il ne reste que l’image qui figure sur l’affiche de l’exposition ; cette disparition, bien que non désirée initialement, fut aussi la première flamme du ton global de l’exposition : une sorte de CARPE DIEM, de saisie du KAIROS.

Nous avons voulu travailler au présent. L’exposition dépassa nos attentes en termes d’imprévisibilité !

Photo d’Aurélia

 La soirée commença par quelques projections en amphithéâtre, avec des montages des Terminales sur le stage de danse à La Villette puis leur interprétation collective d’une « machine à faire des statues grecques dans la salle d’arts » anticipant sur le voyage encore à l’état de désir, premier état d’émancipation des exercices vécus dans le partenariat, inaugurant la soirée sous l’égide de la performance, dans l’entre-deux entre arts plastiques et arts de la scène dont nous avions analysé nombre de passerelles tout au long de l’année.

Vidéo 1. Villette Danse par les TL, montage d’Antonin.

Vidéo 2. Machine à faire des statues grecques par les TL

Quelques films des Secondes et des Premières issus du travail sur notre programmation de cinéma (Hitchcock, Bresson, E. Gras) ont défilé, toujours ponctués par une présentation par les élèves explicitant brièvement leurs intentions au public. Nous avons vu Aurélie tomber sous les coups du tueur de l’infirmerie, Lou fuir réellement une menace ridicule, Camille assassiner Éléonore dans une séquence sadique, montages s’amusant avec les codes des genres, mais aussi la plus tragique et poétique mort du grand chêne par Noémie.

Vidéo 3. Cut, par Lucas, Aurélie, Aurélien et Laura.

Vidéo 4. Cut, par Laurie, Lou, Pauline et Alwena.

Vidéo 5. Cut, par Camille et Eléonore.

Vidéo 6. Auprès de mon arbre, par Noémie.

Suivit un ensemble de réalisations impliquant des enjeux d’image-mouvement et d’image-temps: animation image par image, capture d’une action simple, jeu entre pause et mouvement, inerte et vivant. Nous avons vu la marche imperceptible du Samouraï dans la nuit bleue, l’escalier infini d’un moderne Sisyphe, la peinture s’incarner, la continuité du monde s’interrompre, un aimable porte-manteau automatique et le dialogue émouvant avec un ours en peluche de pure cinématographie.

Vidéo 7. Un homme qui marche, par Lilia.

Vidéo 8. Un homme qui marche, par Typhaine.

Vidéo 9. Peinture, par Loéline et Carla.

Vidéo 10 Photo-vidéo, par Igor.

Vidéo 11. Objet vivant, par Noémie.

Vidéo 12. Nounours, par Noé.

Deux dialogues entre arts plastiques et musique et arts plastiques et poésie ouvraient à la vidéo le champ de la scène, avec des marionnettes, et celui du montage comme poème visuel, travaux issus des TPE de Première L.

 

Vidéo 13. Round Midnight, par Clémentine

Vidéo 14. Femmes de Baudelaire, par Aube, Chloé, Pauline et Samantha

Quatre réalisations de Terminale clôturaient la séance de visionnage en amphithéâtre : deux réalisations investissant le matériau du papier pour lui faire incarner deux idées bien différentes, très librement imaginées après l’émotion vécue lors du spectacle de Satoshi Miyagi à La Villette ; un inclassable essai de « docu-philo » ; et pour boucler la boucle, une dernière machine à remonter le temps qui se souvient aussi du travail sur le burlesque mené l’an dernier.

La maquette du monstre présentée dans la salle d’arts

Vidéo 15. Monstre de papier par Typhaine.

Vidéo 16. Œuvre de papier, par Noé.

Vidéo 17. Qui êtes-vous ? par Noé.

Vidéo 18. Machine à remonter le temps, par Lilia et Noé.

Le parcours proprement dit pouvait commencer, entièrement animé par les élèves.

Au début du circuit, les cartes subjectives réalisées dans le cadre du PACTE avec La Villette étaient présentées dans les vitrines du couloir d’Histoire-Géographie, suivies sur les murs par d’autres cartes destinées à être contées, sur le mode des « rêves » topographiques des aborigènes d’Australie ; les élèves conteurs les ont déplacées pour mettre en scène leur récit et ont déchiffré pour le public leur voyage poétique, même s’ils ne consistaient avant leur transformation que dans le trajet de la maison au lycée.

La carte contée par Pauline

Nous remontons par l’escalier derrière l’amphithéâtre. Présentant un travail également issu des réflexions sur le matériau du papier, Marine a dirigé une séance d’origamis à vocation votive que les participants volontaires ont déposés dans un bocal ; dans l’espace de retrait en regard de celui des origamis, Camille proposait pour sa part un travail de tracé qui donne une image des groupes qui le constituaient : avec de simples lignes droites, chaque image rendait pourtant la singularité de chaque petit collectif qui en était responsable (les élèves, les parents, les professeurs…).

Origamis votifs.

Elèves prêts à commencer un « portrait de groupe » abstrait.

Et ce fut l’inauguration de l’œuvre pérenne de Lilia, créée pour l’escalier orange qui descend dans le hall 2, travail géométrique et coloré qui change d’aspect pendant sa montée ou sa descente, que Lilia a réalisé ce jour-même. Nous sommes très heureux de le garder au lycée, tout comme son œuvre de l’espace de la station suivante, le puits de lumière face aux salles de Littérature et de philosophie activé ce jour-là en studio de portraits.  

Faites-vous immortaliser

  

  

A Partir de là, les groupes ont bifurqué, entre les espaces extérieurs et les couloirs intérieurs, que l’on pouvait parcourir plutôt librement. Il faut dire que nous avons dû chercher des lampes en urgence pour éclairer les couloirs suite à une panne définitive du courant. Merci Nicolas et la SVT de nous avoir permis de voir les lignes de séries occupant ces couloirs ! C’était finalement plus beau sous ce nouvel éclairage. C’est aussi à ce moment que les photographes de l’événement nous ont fait défaut. Que ceux qui ont tout vu répandent la légende !

Des ensembles conçus initialement comme des séries et des suites recomposées à partir de travaux ou de leurs reproductions scandaient les couloirs d’une partition de lignes d’images reliant le hall à la salle d’arts et aux salles en face.

Dans le couloir des Secondes

  

Le couloir des séries de Première

Le parterre au centre duquel s’abîme inexorablement la copie de la Vénus d’Arles était devenu un champ pictural, bien que fait de matière organique, mais sur toile, tandis que la bordure du champ de verdure était peint, d’un vert acide, du genre qui ronge.  La statue elle-même, voilée d’un long filet, devenait prédatrice, ramenant de sa pêche nombre d’hybrides d’organismes et d’artifices, crées par les Secondes et quelques élèves de Première, laissant au large de cet amas des sculptures oxydées, des figures asséchées qui ont migré de leur ancienne fontaine, un autel enfin dédié à la fragilité du monde avec ses fins ossements et ses ailes friables.

Paysage artificiel

Détail du travail du temps

Bordure artificielle

Sculpture

L’autel

Les nus bleus avant leur migration dans le monde aride

 Sur un parterre proche, Igor créa un graffiti éphémère, le temps d’opacifier une plaque de plexiglas en direct. Il s’était fabriqué un costume spécial pour ritualiser la performance.

Vidéo 19. Peinture en acte, par Igor.

Dans la « piscine » Noé et Antonin ont imaginé de redonner vie à la vieille table de ping-pong qui se détériore depuis des lustres, en créant un jeu de « Ping-Pong Paint », que nous étions invités à jouer le temps de quelques balles.

Vidéo 20. Ping-Pong Paint par Noé et Antonin (le film)

Ces performances partagées et œuvres répandues se sont conclues sur le parterre des Secondes sur un axe vertical, redonnant de la vitalité à ces constats tragiques : Zoé attendait près de l’autel, un œuf à la main, qu’un enfant vienne près d’elle. Elle le lui transmit, et l’œuf s’envola, faisant lever les yeux de tous. Chacun émit ses propres interprétations de la symbolique de cet acte, le bleu du ciel s’inscrivant dans la sensation.

Avant d’arriver dans la salle d’arts, les deux salles d’en face engloutissaient le public. Dans la première, les couches sonores des pas dont les images feuilletées sur deux écrans flottaient autour des visiteurs.

Vidéo 21. Installation de L’Homme qui marche de Camille.

Dans la dernière, une double immersion, d’abord dans une liquidité troublante, puis dans une fuite en profondeur dans la matière de la pellicule, avant que ne commence à l’écran le récit d’un basculement d’une autre nature.

Vidéo 22. Etats de l’eau, par Typhaine

Vidéo 23. Dans l’image-mouvement, par Carla

Vidéo 24.  ST (ou sans voix) par Typhaine.

Le personnage de Typhaine

Typhaine est sortie pendant la projection, dans le rôle de son personnage, avec le masque et le costume qui ont permis sa transformation dans la fiction. Beaucoup de spectateurs étaient presque surpris de l’entendre ensuite nous parler du travail, tant nous avions cru son histoire.

La salle d’arts au moment des derniers essais.

Origine et aboutissement du parcours, la salle d’arts accueillait les travaux réalisés en duos en Terminale L, nombre de réalisations tridimensionnelles : objets confectionnés pour les films et les performances, parures, vêtements, maquettes et sculptures.

Duo Manon et Camille

Robes de Lilia et Manon

Objet vivant par Pauline et Sculpture de papier par Antonin

Castelet des PL

Sculpture de Typhaine

Boîte de promenade interactive de Lilia.

La revue de Camille et Lilia

Un dernier dispositif de Camille permettait à chacun de créer et d’emporter sa feuille d’œuvre d’art.

Rouleau : L’art nous appartient par Camille

Sur les écrans d’ordinateurs défilaient des citations d’œuvres par les PL, sous des images photographiques sur le même sujet, le lieu obligeant à l’hommage.

Citation par Samantha et Clémentine

 Vidéo 25.  Citation par Camille C.

Vidéo 26. Citation par Elodie.

Les drapés exaltés par les Premières étaient projetés sur les socles et des linges, d’un côté de la salle, tandis que sur l’écran, en face, défilaient les photos du voyage en Grèce au son de la lira de Ross Daly, entourées des productions de « carnets » de voyage : feuillets, dépliants, gravures, livres d’artiste… et même une maquette du Parthénon à l’échelle confectionné en pâtes alimentaires par Romain !

Drapé par Clémentine

Installations sonores et Drapé de Camille M à l’écran

Vidéo 27.Drapé par Elodie.

Vidéo 28. Drapé par Camille M.

Carnet de Grèce : Planche contact par Antonin

Vidéo 29. Projet Aether par Marine.

Il était plus que temps d’aller se régaler des bienfaits plus terriens de la Grèce, pour parfaire la fête.

Même si quelques équipes ont dû nous aider à tout enlever. Que ceux-là soient remerciés à la hauteur de leur fidélité.

Je remercie chaleureusement les artistes et toutes les équipes qui nous ont reçus à La Villette dans le cadre de notre PACTE, espérant qu’ils pourront constater que les spectacles et les journées de rencontres et d’ateliers ont profondément travaillé. Ces expériences ont sans doute donné plus de saveur aux audaces et exigences des artistes que nous avons vus cette année, et pour nos artistes en herbe resteront exemplaires du travail profond et sincère, à la croisée des arts, dont ils seront bientôt les acteurs à part entière.

Je ne saurais jamais assez remercier les équipes de « Lycéens au cinéma » qui nous accompagnent toujours avec une formation excellente dans des dialogues fructueux pour nourrir des cheminements dans le cinéma, l’image, le son, l’art et ce qu’il apporte à notre position dans le monde.

MERCI à vous tous qui êtes venus voir les réalisations des élèves, jouer avec les œuvres, vous étonner avec nous, partage sans lequel les œuvres n’existent pas.

 

 

Cinéma : musique !

L’affiche du festival

Jeudi 20 juin, le soir le plus doux de l’année, notre petite délégation du lycée Fragonard eut la joie d’assister au concert CINÉMA du Festival de Saint Denis dans la basilique.

Renaud Capuçon, photo du site du festival

Renaud Capuçon, à l’initiative de ce concert sur les musiques de film, avait préparé un programme des musiques de films qui l’enchantent pour ses 20 ans de participation au Festival de Saint Denis : John Williams, Georges Delerue, Nino Rota, James Horner, Alexandre Desplat, Ennio Morricone, Erich Wolfgang Korngold, le compositeur de la musique symphonique des  Aventures deRobin des Bois de Michael Curtis (1938) par lequel le violoniste est entré dans la musique de films.

La projection en plein air, photo Clémentine

Des chaises bain de soleil devant l’écran se remplissaient d’auditeurs devant la basilique, donnant à cette veille d’été une saveur de festival vacancier.

Nous étions invités dans la basilique, admirant la somptuosité des sons de l’orchestre national d’Île-de-France et la suave virtuosité du soliste, convoquant les images des films que nous aimons aussi, ravivant nos émotions des cinéphiles. La musique a ce pouvoir inégalable. Les films habitaient la musique, étirant des sourires ou laissant creuser des yeux la pénombre pour retrouver tel moment de nos héros de l’écran, telle émotion du film.

L’orchestre dans la basilique de Saint Denis, photo Clémentine

La lumière colorée révélait les structures des voûtes, les nervures gothiques de la nef, autour des musiciens ; à la fin du concert, les derniers feux du jour éclairaient encore les vitraux du chœur et la rosace du transept.

La rose de la basilique à la tombée du soir, photo Clémentine

Nous sommes repartis remplis des échos des musiques, par petits groupes heureux d’avoir vécu un moment de grâce, plus convaincus encore de la puissance émotionnelle de la musique dans les films, échangeant nos remarques et, en-deçà des mots, notre plaisir de ce partage dans ce lieu exceptionnel.

La façade et le ciel, photo Clémentine

Si nous le voulons, deux classes pourront entendre un concert des « Jeunes Talents » au lycée, participer au Festival de Saint Denis, imaginer un parcours musical et architectural en cours d’année, en partenariat avec le Conseil Régional et le Festival de Saint Denis. Qu’ils soient remerciés chaleureusement pour l’avoir proposé et pour cette soirée mémorable.

 

À bon entendeur.

Votre Référent Culture, cinéphile, mélomane et amoureuse de l’art gothique.

 

Semaine des langues du 13 au 18 mai 2019

Dernièrement, les classes de seconde S5 et S6 de la classe d’anglais de Mme. Percevault ont travaillé sur les origines du Blues : les chansons des esclaves aux États-Unis. Ces chansons servaient à aider les esclaves à supporter leur condition, à rythmer leur travail dur et répétitif, mais aussi à transmettre des histoires et des messages dans une culture essentiellement orale, et à préparer la révolte. En effet, leurs chansons, en utilisant des images religieuses ou banales, cachaient des codes secrets concernant des projets d’évasion du mouvement clandestin The Underground Railroad. Voici un exemple d’une chanson, Wade in the Water, populaire parmi les esclaves avant la guerre de sécession (1861-1865), chantée par les élèves.

WADE1 IN THE WATER

Chorus: Wade in the Water, wade in the water children.

Wade in the Water. God’s gonna trouble the water.
See that band
all dressed in Red?
God’s gonna trouble the water.
Look like a band
that Moses led.
God’s gonna trouble the water.

Chorus

Who are those children all dressed in White?
God’s gonna trouble the water.
Must be the ones of the Israelites.
God’s gonna trouble the water.

Chorus

Who are those children all dressed in Blue?
God’s gonna trouble the water.
Must be the ones that made it through2.
God’s gonna trouble the water.

Chorus

1 Wade = enter, patauger

2 Make it through = escape

Radicalement Ailleurs

Sortie du 18 avril à La Villette

Dernière traversée de frontières

Photo Igor

Notre PACTE avec La Villette s’est conclu jeudi 18 avril par une journée dépaysante.

Tandis que les PS4 découvraient en atelier de danse, guidés par Delphine Jungman, des potentiels expressifs des corps capables de se transformer et d’animer collectivement l’espace, les PL et les TL exploraient les articulations entre urbanisme, architecture et œuvres d’art du parc de La Villette avec Théo Cazedebat dont les explications ravivaient les strates historiques des lieux.

Le jardin des miroirs de Bernard Tschumi et Ursula Kurtz. Photo Igor

L’exploration de quelques jardins fut privilégiée pour parcourir les formes, les signes des œuvres se dévoilant dans le temps du déplacement : le Jardin des miroirs de Bernard Tschumi et Ursula Kurtz. L’artère de Fabrice Hyber, La Bicyclette ensevelie d’Oldenburg, le mobilier de Stark, et les rapports des jardins et des tracés de promenades avec les Folies de Tschumi…

La Bicyclette ensevelie d’Oldenburg et le mobilier de Stark depuis une Folie. Photo Antonin

Sculpture de barrière près du jardin Photo Igor

L’artère de Fabrice Hyber dans le parc de La Villette. Photo Elodie

L’artère de Fabrice Hyber dans le parc de La Villette. Photo Elodie

 A 17 heures, nous entrions dans l’outre-monde admirer les splendeurs du trésor du voyage de Toutânkhamon, la curiosité aiguisée en Première L par les questions déjà exposées par les élèves en classe.

Montage de l’exposé d’Elodie sur la mémoire égyptienne à Paris

La crosse et le fléau pharaoniques. Photo Elodie

A notre tour, après Howard Carter, de recevoir l’éblouissement des merveilles.C’est d’ailleurs le moment de la découverte de la tombe que l’on revit dans le premier sas de l’exposition. La beauté du travail de l’or, de l’ébène, de l’ivoire, la perfection du style de la représentation de scènes de chasse du pharaon, la délicatesse des images du couple royal sur le naos nous ont arrêtés parfois longtemps devant les ouvrages éblouissants, la rareté des matières, l’impérieuse  présence du gardien du Ka du roi, les émouvantes images familiales et présences d’objets fragiles revenus de 3500 ans, en nous contant nos propres fables dans les interstices des légendes.

Le plan du tombeau dans l’exposition. Photo Elodie

Le dieu Amon protège Toutânkhamon. Photo Clémentine

Le gardien du Ka de Toutânkhamon. Photos Antonin et Eléonore

Le fauteuil d’enfant de Toutânkhamon. Photo Elodie

Vases en albâtre du trésor. Photo Elodie

Bouclier de ceremonie figurant le roi. Photo Elodie

La barque solaire. Photo Elodie

Toutânkhamon chevauchant un léopard. Photo Elodie

Toutânkhamon sur une barque. Photos Clémentine et Elodie

Figurines en bois de Toutânkhamon et Ânkesenamon. Photo Clémentine

Le naos en bois doré. Photo Elodie

Toutânkhamon et Ânkhesenamon sur un plan du naos.

Photo FrancoisGuenet-Divergence, sur le site Historia

Le dieu Ptah. Photo Antonin

Cercueil miniature canope. Photo Antonin

Le sarcophage. Photo Elodie

Un pectoral du sarcophage du roi avec le scarabée en lapis lazuli. Photo Elodie

Statue colossale de Toutankhamon usurpée par Horemheb, en quartzite rose. Photo Elodie

La scénographie de l’exposition nous acheminait par étapes de la découverte d’Howard Carter à la dernière statue colossale du pharaon usurpée par Horemheb. Ainsi traversions-nous des strates d’histoires, dont divers écrans rappelaient les vicissitudes, tandis que l’or et les albâtres rayonnaient dans une nuit bleutée.

La salle de la momie. Photo du site de La Villette

Pour qui souhaite connaître davantage le pharaon, son trésor et les partis pris de l’exposition de La Villette, ou préparer sa propre visite de l’exposition, vous pouvez utiliser les documents du site de La Villette, dont le bon dossier pédagogique à télécharger sur cette page :https://lavillette.com/page/toutankhamon-visites-de-groupe_a249/1

Etions-nous prêts pour autant à cette autre nuit de Sasha Waltz où les Créatures tentent de naître, de vivre, d’échapper à un monde viral, à un mal fait d’animalité, de pouvoirs, de soumission, dans une chorégraphie du désir et du naufrage ?

KreaturdeSashaWaltz. Photo  © Nathalie Sternalski

Toutes les acceptions de la frontière étaient en quelque sorte condensées dans ce dernier spectacle, de l’évocation de la tragédie des migrants – bien qu’elle ne soit jamais illustrative –  à une continue déclinaison d’états ambigus, hybrides, métamorphiques des corps seuls ou ensemble.

Afin de satisfaire plus amplement votre curiosité, vous pouvez voir la présentation du spectacle, l’entretien avec Sasha Waltz et un ensemble d’images sur le site du Festival d’Avignon :

https://www.festival-avignon.com/fr/spectacles/2018/kreatur

et un ensemble de critiques de Kreatur sur le site Théâtre contemporain.net :

https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Kreatur/critiques/

Devant la perplexité de certains, le besoin de comprendre énoncé dès le retour en car, et après  une intense séance d’oral en Première L pour s’approprier ce que nous avions vu, je vous propose quelques axes d’approche dans le petit document qui suit.

Kreatur, quelques axes d’approche

Le temps de la restitution approche : les élèves ont réalisé des objets scénographiques, des vêtements sujets à des métamorphoses, des œuvres de papier, des vidéos sur une machine à créer des sculptures…

Nous réservons leur découverte à la soirée des arts du 14 juin.

 

Une visite de Chris Thiblibli en cours d’arts plastiques

Jeudi 10 janvier, les élèves d’arts plastiques de Première ont eu la joie de rencontrer Chris Thiblibli, artiste céramiste, qui leur a fait part de sa formation à l’école Boulle et de son parcours professionnel entre la France et Hanoï, au Vietnam.

 Chrisau Little Plan Café à Hanoï

Nous avons pu apprécier son savoir-faire artisanal, en regardant la vidéo tournée à Hanoï, même si le piano en fond sonore destiné à connoter le pays d’origine de Chris nous a moins séduits que son habileté au tour.

https://www.youtube.com/watch?v=LWZAa02MLF8

Chris se qualifie de « perfectionniste » dans la vidéo qui suit, et après un dialogue avec elle, chacun comprend que cette épithète recouvre un travail intérieur pour maîtriser son geste.

https://www.youtube.com/watch?v=aSoUq-5G92E

Outre les collections d’objets pensés pour le plaisir d’être tenus dans les mains et non uniquement selon une esthétique visuelle, Chris crée aussi des sculptures en céramique, d’étranges objets dont nous avons vu la genèse dans ses carnets.

Collection Sylvia au Little Plan Café

Clémentine feuillette un carnet de Chris

Un objet sculptural de Chris

Merci Chris de nous avoir offert ce voyage transculturel et donné une projection heureuse d’un devenir après le lycée Fragonard et son option arts plastiques, transformant son travail artistique en art de vivre, à moins que ce ne soit un art de vivre en forme de création.

Un art de vivre

Traversée de frontières à La Villette

Le projet culturel du lycée Fragonard a fait le pari d’un PACTE incitant les élèves de trois classes à se décentrer en abordant les cultures non européennes, non actuelles ;à reconsidérer la place de l’humain dans des scénarios de métissages, d’utopies ou de dystopies futuristes, dans de grands écarts entre archaïsmes et devenirs ; à imaginer des interstices créatifs dans ces mondes possibles.

A partir de ces incursions dans les zones frontalières, et à travers l’exercice de pratiques relevant des arts de la scène et de l’espace dont ils ne sont pas familiers, les élèves sont invités à expérimenter des modes créatifs de paroles, de récits, à développer leurs échanges, à ancrer leurs réflexions dans une expérience intime des œuvres, à réinvestir cette expérience dans leurs créations personnelles et collectives.

A la suite de notre partenariat fructueux mené l’an dernier avec La Villette, nous avons formalisé un PACTE avec cette institution autour de trois spectacles qui pouvaient déployer l’axe majeur de notre projet culturel choisi pour sa capacité à fédérer diverses disciplines : les frontières.

Le vendredi 23 novembre, les PL et les TL ont vu le spectacle du Mahabharata de Satoshi Miyagi, après une journée en immersion avec Delphine Jungman pour s’initier à quelques jeux et enjeux de la danse contemporaine.

Lien Internet : https://lavillette.com/programmation/satoshi-miyagi_e20

Image du site de La Villette

 Le jeudi 29 novembre, les PS4 ont été accueillis dans un atelier théâtral animé par la compagnie Vertical Détour de Frédéric Ferrer.

Le mercredi 5 décembre, les PS4 ont visité l’exposition Manga <->Tokyo et participé à une nouvelle rencontre avec la compagnie Vertical Détour avant de voir le spectacle Borderlines Investigation #1de Frédéric Ferrer.

Lien Internet : https://lavillette.com/programmation/frederic-ferrer-cie-vertical-detour_e35

Image du site VIMEO : https://vimeo.com/295763461

 Le jeudi 19 avril, les trois classes verront l’exposition Toutânkhamon, le trésor du pharaon.

Lien Internet : https://lavillette.com/programmation/toutankhamon_e185

Image du site de La Villette

Pendant que les PS4 seront à leur tour en immersion de danse contemporaine avec Delphine Jungman, les élèves des classes littéraires visiteront le parc de La Villette.

En soirée, l’ensemble des élèves verra le spectacle Kreatur de Sasha Waltz.

Lien Internet : https://lavillette.com/programmation/sasha-waltz-guests_e98

Image du site de La Villette

Autant de voyages aux lisières de nos frontières identitaires, autant de transfigurations poétiques de l’entre-deux des mondes historiques, artistiques, scientifiques voire biologiques.

Engagement des projets et premiers retours d’expériences.

Le projet avec les PES4 s’organise autour d’un large travail sur la frontière et les identités (mondialisation et transferts culturels voire acculturation), la frontière et les discontinuités (les murs, l’essor des mobilités, l’effondrement du monde), en jeu dans l’œuvre de Frédéric Ferrer.

A partir de la conférence spectacle de Frédéric Ferrer, ces élèves ont pu s’initier à l’improvisation : imaginer individuellement un propos à partir d’un mot, d’une image ; élaborer collectivement un scénario à partir d’un groupe d’images. Entraînés sur le thème de l’absurde, ils se sont lancés eux-mêmes dans l’invention  d’une démonstration et d’une argumentation.

La visite de l’exposition Manga<-> Tokyo a été l’occasion d’appréhender la notion de transferts culturels et l’histoire du Japon.

Une nouvelle rencontre avec la Compagnie Vertical Détour a permis une large discussion sur le travail de création, sur les métiers des arts scéniques, sur les relations entre acteurs, metteur en scène, régisseurs. Pour finir, le spectacle Borderlines Investigation #1 a provoqué rires aux éclats, surprises et questionnements. Axé sur le développement du monde et les menaces qui pèsent sur sa pérennité, le sujet du spectacle a été traité sous la forme d’une conférence scientifique, argumentant dans l’absurde.

Au lycée, un travail créatif sur les cartes mené parallèlement en Histoire-Géographie et en Arts plastiques est actuellement en cours.

La question des frontières dans le projet destiné aux élèves des classes littéraires se ramifie à partir de jeux de tensions. Sur le fond : entre identité et altérité ; dans les formes de représentations : entre les formes verbales, visuelles et scéniques, corporelles.

Les exercices de danse ont créé de nouvelles relations entre les élèves, favorisant la confiance dans le mouvement du groupe et dans la création collective, à travers des formes telles que le défilé, les jeux de sculpture vivante, de machines créatives.

La représentation du Nalacharitam de Satoshi Miyagi a surpris les élèves par sa scénographie enveloppant le public, la gestuelle des acteurs, le jeu avec les costumes et décors en papier, la séparation des rôles et des espaces entre conteur, acteurs et musiciens. Chacun est reparti ébloui par l’extrême précision mimique et rythmique de l’ensemble.

L’interprétation de cet épisode du Mahabharata par Satoshi Miyagi est orientée par un désir de révéler le processus d’hybridation des cultures, en l’occurrence japonaise et indienne. Son choix de l’épisode du roi Nala, unique moment sans guerre de l’épopée, où l’héroïne Damayanti est l’égale des hommes, est lui-même régi par un désir de donner de la crédibilité à cette utopie, « en mettant l’accent sur l’activité au féminin ». L’artiste puise dans la séparation de la voix, de la musique et des mouvements sur scène, division à la racine commune des spectacles traditionnels extrême-orientaux, aux antipodes du fantasme de l’être humain capable de tout contrôler, permettant de rejoindre par cet archaïsme des préoccupations éthiques et esthétiques intéressant directement notre condition contemporaine.

Les élèves de terminale ont commencé une réalisation collective pour s’approprier des méthodes de travail essayées dans les exercices de danse, développant en vidéo une machine à sculpter inspirée des sculptures grecques dont ils rêvent en attendant leur voyage en Grèce de mars.

La « machine » à La Villette

En hommage au spectacle de Satoshi Miyagi, les élèves de première ont écrit des textes, des poèmes, se sont essayées au Haïku, ont créé de petites vidéos.

Un petit aperçu :

Noémie

 L’éloge du démon Kali

Kali vous salue au plus bas…

Il est pourtant ambitieux,
Comme le pourrait être nombreux,
Mais un démon reste toujours des plus avantageux,
Dans n’importe quel enjeu.

Cependant, le voilà piégé dans une passion inassouvie,
Sûrement de la jalousie,
Mais c’est un sentiment qui lui semble avoir été depuis trop longtemps aboli,
Alors il sourit, afin de ne pas manquer de produire un conflit.

Ainsi, il attend que le Roi lui cède place
Pour que princesse lui face bonne grâce,
Et que celui-ci prête à un comportement vorace,
Juste après que Kali puisse voler sa place.

Constatez de ce fait à quel point le démon est habile,
Une erreur et voilà votre propre personne en exil,

Il murmure aux guerriers de se désarmer,
Comme égale au manque d’humanité,
Puis une remise en question des valeurs de la véritable fierté,
Jusqu’à celles de la vérité.

Mais que c’est un délice que de se procurer les plus précieux biens d’un autre,
Quand ils peuvent devenir votre.

C’est ainsi que Kali vous salue au plus bas… Ou peut-être pas.

Alissa

Photogrammes de la vidéo de Camille

Elodie

 

Lycéens au cinéma 2018-2019

Cette année, quatre classes sont inscrites et deux autres classes sont invitées par notre cinéma partenaire dans le dispositif académique « Lycéens au cinéma » : les secondes 3, 4, 5, 7 et les premières L et ES 2.

Un grand merci au passage au cinéma Le Conti pour nous avoir permis d’inclure ces deux classes supplémentaires.

Les films proposés par l’ACRIF présentent toujours un large éventail de genres, de formes, de styles et d’approches cinématographiques. Notre choix de programmation présente pourtant deux grandes qualités communes aux trois films : ce sont trois œuvres nécessitant un grand art du montage, et trois manières d’aborder notre place dans le monde.

Lien vers le site de l’ACRIF : http://www.acrif.org/programmation-2018-2019-lyceens-apprentis-au

Nous avons programmé :

Jeudi 6 décembre à 14 heures :PICKPOCKETde Robert Bresson.

Vendredi 21 décembre  à 15h.PSYCHOSEd’Alfred Hitchcock.

Jeudi 21 mars à 14h.MAKALAd’Emmanuel Gras.

Les réactions à vif aux deux premiers films furent très contrastées pour Pickpocket, plutôt de satisfaction unanime pour Psychose que bien des élèves découvraient et la majorité d’entre eux pour la première fois au cinéma, ce qui prouve que le potentiel dérangeant de Bresson ne vieillit pas et que la puissance de la « direction de spectateurs » d’Hitchcock traverse les générations.

La séance de Pickpocket a été préparée en amont dans toutes les classes, mais nous avons fait le pari d’offrir une séance sans préparation pour Psychose, dans le droit fil de la surprise à ménager, comme pour la sortie du film en 1960.

Les élèves avaient eu vent de la scène de la douche, et en ont certainement vécu quelque pastiche entre temps, mais les cris étaient sincères devant la scène de la mort du détective et le suspense est resté vif jusqu’à la fin, dans la salle.

La joie à la sortie du cinéma était visible sur tous les sourires. Beau moment de partage juste avant les vacances !

Gageons que l’épopée de Kabwita, le charbonnier congolais, ne laissera personne indifférent.

Soirée d’exposition de fin d’année en Arts plastiques

Vendredi 8 juin, les élèves d’Arts plastiques et leur professeure ont été heureux de présenter leurs réalisations de l’année 2017-2018 à leurs parents, aux professeurs, au personnel du lycée et à quelques invités.

Nous avions placé cet ensemble d’exposition et de projections sous le signe de l’ouverture.

Nous venions de retrouver notre salle d’arts ; nous vous y avons accueillis avec joie !

Les nouvelles fenêtres donnaient de la lumière et de la fraîcheur ; nous avons tenté d’ouvrir cet espace aux déambulations, de déchirer les murs, de cadrer le dehors, d’entrouvrir des accès aux dedans.

Préparatifs des travaux de cadres, juste avant l’ouverture au public.

Et du couloir de dessins des Secondes.

Espaces restructurés de l’ordinaire, ouverts aux mobilités des factures, aux promenades de l’œil dans la couleur, aux ellipses des déplacements ;

Aux espacements entre les choses, entre les êtres.

Nous tentons de créer un parcours.

Le dessin au commencement des choses, des idées, des projets. Nous exposons spécialement ce potentiel dans nos carnets de tous les jours.

Mais aussi les carnets de voyage à Florence, en noir et blanc, en couleur, en feuillets, en boîte, en pop’up, en vidéo, et même en projets de couture.

 

 

 

 

 

L’ouverture, c’est aussi celle des arts plastiques, capables de franchir les limites de ses propres catégories, la peinture devenant sculpture, la sculpture devenant vêtement, l’écriture devenant dessin, les motifs migrant des murs aux habits, des habits aux gâteaux, et vice versa.

Les œuvres pouvant être faites par tous, s’offrant à la fantaisie des visiteurs.

Ouverture des arts plastiques aux arts du temps : la vidéo, la danse ; aux pratiques populaires et collectives: le burlesque, le bal.

Nous avons inauguré l’exposition des œuvres projetées par un dispositif pour danser : une animation accompagnée d’un plateau de danse réel identique à celui de l’image.

Nous avons assisté à une métamorphose chorégraphiée en musique ;

Vu onduler un homme et des plantes sous le vent ;

Assisté à la transformation d’un double jeu vidéo, presque en direct ;

Frissonné aux hurlements des loups surgis du papier blanc ;

Eté témoins de la fonte inquiétante d’une tête sur un barbecue infernal ;

 

 

 

 

 

Des révoltes des objets s’animant dans la chambre.

 

 

 

 

Il fallut enfin soutenir la vision terrible et délicieuse d’une rose sculpture vivante.Les élèves présentèrent leurs démarches au public.

Les Secondes et les Premières ont créé des hommages au cinéma burlesque, s’engageant dans des performances très physiques, créant des gags, poétisant des objets.

Ces incursions dans les références cinématographiques ont été nourries par le travail en partenariat avec « Lycéens au cinéma », qui permit le découverte des affinités du burlesque avec maintes postures des arts plastiques, qui nous ont aussi conduits vers le travail chorégraphique, le travail rythmique, et in fine aux œuvres pour danser, issues aussi des œuvres vues à La Villette, où la scénographie était rendue aussi vivante que les personnages, et où nous avons partagé un temps de scène avec les acteurs.

Les élèves ont inventé des poursuites infernales ;

Des boucles kafkaïennes dont les objets sont acteurs ;

Des fausses séries d’action ;

Ils ont retrouvé le sens du grotesque et le tempo du gag ;

Dans la veine du temps du muet,

Parfois non sans un sens tragi-comique.

Les Terminales ont aussi travaillé l’image et les modes de présence du corps : corps morcelé, personne scindée, et tout simplement le lieu de l’émotion.

Emotions partagées

Entre textes et images, en hommage cette fois aux mouvements Dada et Surréaliste, nous avons écouté des poèmes d’Eluard, Tzara, Breton dont la cadence se déployait dans celle de la transformation des dessins.

Et nous avons dansé une dernière fois, sur un air de Carmen avec « Monsieur Moustache »,

Et sur les quatre choix de la danseuse qui nous a accueillis dans cet amphithéâtre.

Comble de bonheur : avec Monsieur Calixte sur la piste !

Notre « ouverture » avait accompli son sens le plus généreux : le partage.

Merci à tous les collègues et agents qui nous ont retrouvé le son, aidés à assurer cette soirée, à tous les élèves qui ont assuré la régie, les installations, donné des explications claires et sincères, offert leur travail aux regards, accepté de partager ces émotions dont notre cours est fait.

Et merci à tous les visiteurs de leur véritable intérêt.

« PARCOURS LYCÉENS » à LA VILLETTE

Lien : https://lavillette.com/wp-content/uploads/sites/384/2017/10/Parcours-Lyceens-2017-18-ok.pdf

Les classes de Première L et de Première ES2 ont bénéficié de deux jours de partenariat avec La Villette, dans le cadre des « Parcours lycéens ».

  • Jeudi 30 novembre : spectacle de cirque « Bosch Dreams » de la Compagnie Les 7 doigts, précédé d’une conférence sur les nouveaux cirques pour un groupe et d’un atelier de pratique de cirque lié au spectacle pour l’autre groupe.

Lien sur le site de La Villette : https://lavillette.com/evenement/7-doigts-de-la-main-bosch-dreams/

  • Vendredi 22 décembre: spectacle de théâtre « En manque » de Vincent Macaigne, précédé d’une conférence sur les nouvelles mises en scène entre théâtre et performance, et en parallèle un atelier de théâtre lié au spectacle.

Lien sur le site de La Villette : https://lavillette.com/evenement/vincent-macaigne/

Ce même jour, nous avons aussi éprouvé les deux installations immersives: Nowhere and Everywhere at the same Time de William Forsythe et Test Pattern de Rioji Ikeda.

Nous avons élu ces deux « parcours » pour la cohérence qu’ils présentaient pour notre projet culturel et artistique global du lycée : faire découvrir aux élèves des formes d’arts contemporaines et  relier celles-ci à la question de l’engagement du corps. Le programme que nous avons choisi est représentatif des croisements de disciplines qui s’opèrent actuellement sur les scènes artistiques, faisant écho au travail de TPE des Premières L, qui conjugue cette année Arts et Littérature. Ancré dans une dimension performative dont les corps sont le véhicule majeur : corps des acteurs, des circassiens, des visiteurs, il est prolongé en Première L par un travail d’arts plastiques sur les corps du burlesque, lié aussi à la programmation des films du partenariat avec « Lycéens au cinéma ».

En PES2, les spectacles et ateliers choisis se tissent avec l’ensemble du programme d’ouverture culturelle annuelle de la classe : découverte de la littérature en rapport avec le programme d’histoire – menée par des lectures complètes d’œuvres obligatoires et de formation d’une culture cinématographique portant sur des productions majeures du XXe s. La découverte des arts du cirque et de la mise en scène de Vincent Macaigne proposés par la Villette permet d’envisager la création culturelle, la performance et les “arts vivants” complétant cette exploration des croisements entre les arts en étendant l’approche culturelle à ces champs artistiques. Les questionnements éthiques du spectacle de Vincent Macaigne rencontrent aussi la thématique d’étude lancée avec la classe de PES2, la violence sous toutes ses formes dans l’histoire des XXe et XXIe siècles, cette thématique entrant dans le projet d’EMC : la violence et le citoyen.

Jeudi 30 novembre

Jeudi magique sous les premiers flocons.

Enfin au chaud dans une salle équipée d’agrès de cirque, un groupe s’essaie à divers numéros, après un échauffement bien accompagné.

Il est temps d’expérimenter tous les agrès, de s’essayer à diverses compétences circassiennes.

Une reproduction du Jardin des Délices de Jérôme Bosch incite à créer des figures étranges qui font écho aux postures et aux hybrides de l’artiste.

Se sentir gracieux, au bout de l’effort, attise le désir d’aboutir les essais, de donner corps aux images que l’on produit.

Chacun est prêt pour apprécier pleinement le « cirque de tableaux » de la compagnie canadienne.

Crédit photo © F3

Les élèves sont revenus heureux, prêts à s’investir dans des actions artistiques, plus conscients de l’intérêt de conjuguer les talents et disciplines diverses.

La première neige brillait au retour. Les yeux aussi.

Une discussion fut menée en cours d’arts plastiques sur les rapports du spectacle de cirque avec Jérôme Bosch en vue de déceler les formes de l’hommage rendu au peintre à travers la scénographie.

Les élèves de ce cours ont écrit des petits textes journalistiques pour présenter le spectacle à tous ceux qui voudront le voir un jour. À les lire, le merveilleux hommage à Bosch a opéré.

Typhaine, Bosch Dreams
Lilia, Bosch Dreams
Pauline, Bosch Dreams
Noé, Bosch Dreams
Marine, Bosch Dreams

Vendredi 22 décembre

Quatre surprises nous attendent à La Villette en cette veille de vacances scolaires : nous commençons par des exercices théâtraux invitant à des relations spatiales entre les corps en acte ; nous allons ensuite « danser » dans les codes noirs et blancs et la musique électro-acoustique de Ryoji Ikeda et entre les fils à plomb de Willam Forsythe ; chacun est enfin invité à partager la scène de Vincent Macaigne à deux reprises : hors du plateau, recevant la harangue de Liza, figure dont nous allions suivre la grandeur et la déchéance tragiques, puis sur les planches, dans la soirée des personnages.

Photo du site de La Villette, crédit photo : Mathilda Olmi

Lien : https://lavillette.com/evenement/vincent-macaigne/

Dans l’atelier, à l’écoute de l’autre, les petites chorégraphies deviennent plus complexes, plus audacieuses.

Lumière ! Des tableaux se composent, s’enchaînent, s’articulent et construisent enfin de petites scènettes cohérentes, en musique.

Fort de ces expériences de jeu, de tact, chacun peut se mouvoir de manière plus déliée entre les fils mouvants de Forsythe et dansl’espace musical d’Ikeda.

Etions-nous prêts cependant au choc de la mise en scène de Vincent Macaigne ? A ces corps à vif, brûlants de leur présent coincé entre les stigmates de leur passé et leur devenir tragique, à leurs cris, à l’orgie à laquelle nous allions être conviés sur la scène ? A la fureur shakespearienne live ?

Crédit photo : Isabelle Leparcq

Nous étions pris dans la frénésie des hauts-parleurs, aveuglés de rayons lumineux, dans la poussière visqueuse de la fête et des drames qui ont été déjà joués, au milieu des reproductions de Caravage éventrées ou taguées, à nous trémousser selon les injonctions d’une voix off incitant à jouir de l’instant, tandis-que Liza se tenait là, immobile, les bras en croix.

Crédit photo : Isabelle Leparcq

Savions-nous même que nous dansions sous la menace d’un lourd nuage scénique qui déversera bientôt son déluge de gigantesque parturiente ?

Crédit photo : Isabelle Leparcq

Sur le trajet du retour, et encore bien après, les questions fusaient, les émotions tentaient de se dire, le désir de créer des situations de partage aussi intenses se balbutiaient.

En classe, nous avons reparlé de la place du texte dans certaines expériences théâtrales plus proches des performances artistiques, des emprunts d’un art à l’autre : chorégraphie, scénographie, théâtre, arts plastiques, montré des exemples.

Gageons que nos élèves sauront tirer parti de ces découvertes, dans leurs réflexions comme dans leurs créations, dans le projet de théâtre des Premières littéraires, dans leurs projets d’œuvres sur les corps et les espaces en arts plastiques, dans l’analyse du rôle poétique de l’art dans la façon d’appréhender notre monde, ses turpitudes, ses espoirs, sa mélancolie et son appétit de vivre.